Le baromètre 2025 d’AXA sur la cybersécurité, réalisé avec l’institut Sotomo, dresse un tableau préoccupant de la situation en Suisse. Il révèle que la cybercriminalité touche de manière significative la population : une personne sur sept a déjà perdu de l’argent à cause d’une cyberescroquerie, principalement par hameçonnage. En parallèle, 14 % des adultes ont été victimes de cyberharcèlement, sous forme de mobbing, stalking ou discours haineux, avec un impact émotionnel fort pour plus de la moitié d'entre eux. Malgré la gravité de ces faits, les victimes sont peu enclines à les signaler à la police : seulement un tiers le font, et même lorsque le préjudice dépasse mille francs, moins de la moitié osent franchir le pas. La honte ou le manque de confiance dans les résultats des investigations sont souvent évoqués comme freins.
Inquiétudes de la population suisse
Les Suisses se disent aussi préoccupés par des risques plus larges, tels que les cyberattaques sur les infrastructures critiques (47 %) ou la manipulation de l’opinion par des faux profils et de la désinformation (44 %). On observe une différence de sensibilités selon le genre : les femmes s’inquiètent davantage des menaces personnelles comme l’escroquerie ou le harcèlement, tandis que les hommes sont plus préoccupés par la sécurité des systèmes collectifs.
Utilisation d’Internet
Le comportement en ligne influence fortement l’exposition aux risques. Une majorité pense adopter une attitude prudente sur Internet, mais juge le reste de la population imprudente. Pourtant, nombreux sont ceux qui ressentent une forme de dépendance à leur smartphone : près de la moitié aimerait en réduire l’usage, notamment les jeunes et les femmes. Cette contradiction entre perception et réalité alimente les vulnérabilités face aux cybermenaces.
Confiance envers la Confédération
En termes de protection, les attentes se tournent majoritairement vers la Confédération : deux tiers des sondés ont confiance dans les autorités fédérales pour renforcer la cybersécurité. À l’inverse, les géants de l’Internet ne recueillent que peu de soutien (environ 20 %). Ce constat relance le débat sur la régulation des plateformes numériques, où l’autorégulation semble jugée insuffisante par une large partie des citoyens.
Attitude à adopter en cas de sinistre
Enfin, un point frappant : les personnes ayant été directement touchées par des cyberescroqueries ou du harcèlement s’estiment moins bien informées sur les démarches à suivre que celles qui n’ont jamais été victimes. Cela suggère une méconnaissance des recours disponibles et met en lumière le besoin d’une meilleure information du public sur les comportements à adopter face à la cybercriminalité.

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